La clé d’un avenir plus lumineux réside dans l’éducation

J’ai étudié la philosophie à l’ULB et ai choisi l’option didactique pour mon master. J’ai donc également mon agrégation. A l’origine, je suis formée pour donner cours de morale et de philosophie. Aujourd’hui, j’enseigne le français langue étrangère dans une école néerlandophone à Bruxelles pour la deuxième année consécutive. Je donne principalement cours aux classe de 5ème et 6ème années professionnelles.

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L’idée d’être enseignante a toujours trotté, de manière plus ou moins bruyante, dans ma tête.Lors de mes études, cette envie s’est un peu amoindrie. Les causes ? Certainement le manque de reconnaissance de ce métier ainsi que l’envie de continuer à être stimulée intellectuellement comme lors de mes études : j’ai toujours aimé apprendre !

A la sortie de mes études, j’ai pris le temps de me demander ce que je voulais faire comme métier. Une réponse s’est rapidement imposée à moi : un métier qui ait du sens et tant qu’à faire, un métier pour lequel je sois douée. L’idée d’enseigner s’est donc réimposée à moi tout naturellement. Lorsque que je suis tombée sur une annonce de Teach for Belgium, j’ai tout de suite pensé : « c’est quelque chose pour moi ! ». L’idée d’enseigner dans des écoles dites « difficiles » me tentait mais je ne me sentais pas suffisamment formée, et c’est peu dire !

Je me sentais apte à expliquer la matière mais beaucoup moins à gérer une classe « difficile ». Ce qui me manquait également, c’était la créativité pour rendre mes cours stimulants, variés, agréables à suivre.

Très honnêtement, lors de ma première année d’enseignement, il m’est arrivé de maudire Teach for Belgium pour la situation dans laquelle on m’avait mise. J’étais préparée à ce que ce soit difficile les premiers mois mais pas à ce point. Je ne me sentais pas à la hauteur, si dans certaines classes les élèves étaient agressifs verbalement et indisciplinés, c’était parce que je ne faisais pas ce qu’il fallait. Je prenais difficilement du recul. A côté des remarques désagréables et des heures de cours chaotiques, beaucoup de cours se passaient bien et j’étais complimentée par certains élèves et collègues sur mon travail. Mais les moments difficiles prenaient souvent le dessus. Je n’ai pas abandonné, ma fierté et mon engagement auprès de mes élèves et de Teach for Belgium m’en ont empêchée.

Avec les beaux jours, ma sérénité est revenue et j’ai enfin appris à prendre du recul. Les heures de cours me réservaient encore des moments difficiles mais je prenais les choses avec philosophie. Je me suis aussi rendue compte que mon humeur avait un impact énorme sur mes élèves. Un peu d’humour et un sourire peuvent transformer un élève bougon et à la limite de dépasser les bornes en élève souriant et calme. La fin de l’année approchant, je reprenais gout à ce que je faisais et reprenais aussi confiance en l’impact positif que je pouvais avoir sur certains élèves. Tous n’avaient pas appris quelque chose à mes côtés mais certains avaient fait de beaux progrès et m’en remerciaient. La folle idée de me réengager pour une seconde année à donner cours dans mon école se consolidait.

Quand mes amis, inquiets de mon état l’année passée, me demande comment cela se passe à l’école, je leur réponds « C’est le jour et la nuit ! ». Tout n’est pas parfait et je sais que j’ai encore des progrès à faire dans plusieurs domaines. Par contre, je suis fière de la relation de confiance que j’entretiens avec la plupart de mes élèves, des projets que je lance doucement dans certaines de mes classes, des progrès de mes élèves, de mon implication grandissante dans les projets de l’école, de la créativité que je parviens, petit à petit, à intégrer à mes leçons.

Aujourd’hui je remercie Teach for Belgium de m’avoir sortie de ma zone de confort, de m’avoir appris à être plus créative, plus entreprenante, de m’avoir inspirée, de m’avoir intégrée à une communauté de jeunes avec qui partager, échanger, se lamenter mais surtout se réjouir et s’encourager.

Mon projet pour l’instant est de continuer à enseigner dans mon école pour une année de plus. Je veux assurer le suivi du projet de spectacle de fin d’année que je mets en place à l’école, je veux améliorer mes cours, je veux être satisfaite de la qualité de mon travail. Ensuite, j’aimerais continuer à travailler dans le monde éducatif mais plus en tant qu’édu-preneur. Je veux continuer à évoluer, découvrir un autre environnement de travail, être stimulée intellectuellement (reprendre une formation à côté du travail) mais tout en faisant toujours quelque chose en lequel je crois et qui ait du sens à mes yeux. Je suis convaincue que réside dans l’éducation des jeunes la clé d’un avenir plus lumineux.

Florence, Master en didactique, désormais professeur de français en communauté néerlandophone

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